Via Sandra
Sandra rêvait d'un monde neutre
En lovant ses pieds sous le feutre
De ses petits chaussons à fleurs
Elle me tatouait à l'encre brune
Des mots d'amour comme des lagunes
Et des papillons égorgés par les vents
Son regard clair par la fenêtre
Me racontait qu'un jour, peut-être
L'un de nous deux la franchirait
Usant du dialecte des anges
Son coeur voué à la louange
Me susurrait entre deux baisers
Des phrases pleines d'étincelles
Le grand brasier de la nacelle
Du Led Zeppelin qu'on écoutait
Puis, geste divin, imperceptible
Son sein prenait mon coeur pour cible
Et sans bruit, venait s'y loger
A cet instant, irradié par l'envol
De cet Exocet à destination inconnue
Sandra fraudait la douane du ciel septième...
Moi
Complice dévoué
L'index crispé sur le pontet
De ma sulfateuse à étoiles filantes
Je scrutais la nudité paisible du néant
Pour mieux la protéger...
Aldo Campo ©
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