Pas drôle
Quand tout est vacant, libre ou vide
Balayé par les vents ivres,
livides
La place revient à celui, celle ou
ceux
Qui de la vie calculent l'écart... et le creux
!
Ainsi au pur hasard de la procréation
Naissent des gens zarbis
dénués de raison
Pas drôles pour autant, sinon dans la
syntaxe
De leur discours grinçant que leur bouche
malaxe.
Comiques de naissance aux mimiques et aux tics
D'une inspi
Caraïbes à pulsion narcotique
Et leur temps est compté sur la
main malheureuse
D'un putain de destin à l'humeur
capricieuse.
Et puis y'a les autres, qu'on voit s'agenouiller par cents
Les
aigris du labeur, toujours convalescents
Toujours en mille
quêtes d'une insolite bribe
D'un fait divers lascif ou d'une mort
subite.
Toujours présents ceux-là , avec leurs yeux noués
Leur bouche
accidentée décline des logiques
Et leur conscience acide aux
ourlets repiqués
Canarde des « prout-prout » aux
ouatères publiques.
Les pas drôles se marrent à s'en rompre les joues
A s'en
décrocher net chaque corde vocale
S'aspergent de silence en
glissant dans le trou
Et les aigris repartent avec leur mine
sale.
Ainsi donc je confirme... malaria ou vérole
cancer, sida, infart'
ou bonne peste
que les pas
drôles s'envolent
mais les
aigris restent.
Aldo Campo ©
Derniers Commentaires