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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /2010 20:23
8. INT. Début de soirée. Appart Franck & Edith

Franck et Edith parlent dans le salon. L’éditeur refuse d’imprimer la brochure, faute d’une avance dont ils ne disposent pas. Franck plaisante du comportement de Richaud. Ils en rient ensemble. Edith évoque CATHERINE GERBIER, ex-secrétaire devenue maîtresse entretenue par Richaud. Elle part en cuisine. Le visage de Franck s’assombrit… il la rejoint

FRANCK DUMONT
l’épreuve de la brochure entre les mains
Et pour la brochure de Stéphane, que t’a dit l’imprimeur ?
Edith LEGRAND
Il s’est montré poli, mais a prétexté que d’autres anarchistes lui avaient commandé des travaux livrés à crédit et que…
FRANCK DUMONT
Il veut une avance ! Combien a-t-il exigé ?
Edith LEGRAND
Si on lui verse 500 F demain, il pourra livrer le travail en temps voulu.
FRANCK DUMONT

Cette fois, je ne vois pas ni comment, ni où les trouver, c'est l'impasse...

il vient la prendre par la taille

Toi, ça va ? Tu sais, pour Richaud, faire de sa secrétaire particulière, une maîtresse attitrée, dans le fond, ce n’est que dans l’ordre des choses…
Edith LEGRAND imitant Louis Richaud
« C’est à prendre ou à laisser : la porte ou le canapé ! » Vieux grigou va ! Et ce dégoûtant qui ose appeler cela de l’amour libre ! regarde comme il traite sa Catherine, maintenant.
FRANCK DUMONT
La sténographe promulguée en dame de compagnie, pour Catherine Gerbier, c'était pas de l'avancement, mais plutôt le pied à l'étrier !
Edith LEGRAND
Que veux-tu dire ?
FRANCK DUMONT
Que si Richaud la congédie avec pertes et fracas, elle ne tardera pas à se trouver un autre bienfaiteur parmi ses proches relations !
Edith LEGRAND
Pas avant d'avoir tout fait pour essuyer cet affront ! Elle est parait-il prête à tout pour ça ! Tu veux du thé ?

9. INT. Début de soirée. Cuisine de Franck & Edith

Préparant le thé, elle relate les exploits de Catherine à Franck. Soudain, elle découvre son état de détresse. Franck lui fait part des nouvelles du courrier du soir. L’argent fait cruellement défaut. Décidé à agir, il parle à Edith « des amis de Sagonte ». Elle accuse le coup et demande s’il a ouvert la cachette. Franck répond « oui » avec les yeux. Il compte en parler à la réunion.

Edith LEGRAND
de dos, préparant le thé
Parce que sa Catherine, il ne sait plus comment s’en dépêtrer Richaud. Elle va et vient à tous les étages et parle à tue-tête pour le compromettre devant tout l'immeuble. Figure-toi qu'il a même laissé des consignes à Lesueur pour la traquer et la jeter dehors !FRANCK DUMONT
Lesueur ? A part devant les fioles de son laboratoire, je ne vois pas bien où il pourrait faire preuve d'autorité ce brave homme !
Edith LEGRAND se retourne pour servir Franck
D'ailleurs, il n'arrive pas a en venir à bout ! Neutraliser la Catherine en pétard, c’est autre chose que de calibrer la densité des farines Richaud ! Franck ! Franck ?
FRANCK DUMONT se lève brusquement
J’en ai assez de toute cette détresse dans le courrier du soir. Toute ces belles énergies cisaillées par le manque de moyens… et c’est partout pareil, du monde entier on m’écrit que « chez eux »  c'est aussi la dèche !
Edith LEGRAND
Si c’est pour ma place que tu t'inquiètes, tu sais, Richaud n’est pas le seul patron en quête de sténo-dactylo !
FRANCK DUMONT
Je sais. Il ne s’agit pas de ça, ma douce.
Edith LEGRAND
C'est quoi alors ? Tu as déjà pensé à quelque chose ?
FRANCK DUMONT
J'ai repensé à la proposition des camarades de Sagonte ! Tu te souviens ?
Edith LEGRAND réfléchit dans le vague de l’émotion
Ça remonte à combien ? presque… ? elle accuse le coup. Non, Franck, c’est trop risqué, toi-même tu le disais à l'époque…
FRANCK DUMONT
Ça nous tirerait tous d’embarras et surtout, ça permettrait la reprise et le maintien des activités pour un bon bout de temps.
Edith LEGRAND regarde soudain vers l’étagère de la planque
Tu as ouvert la cachette ? Franck, tu m’avais promis qu'avant de le faire, on en parlerait d'abord tous les deux !
FRANCK DUMONT
C’est bien pour ça que je t’en parle.
Edith LEGRAND
Pour moi, les amis de Sagonte, c’était… disons, tombé aux oubliettes !
FRANCK DUMONT
Pour moi aussi... mais sinon comment faire ?
Edith LEGRAND
Tu comptes en parler ce soir, à la réunion ?
FRANCK DUMONT
Si t'es d'accord bien sûr...

10. INT. Soirée. Appart Franck & Edith

Edith sert le thé. Franck vient d’exposer son projet aux camarades STEPHANE AUPIC, l’éditeur de la brochure « Ni dieux, ni maîtres », FELIX GAUTHIER, jeune anarchiste cherchant à fuir la caserne en quittant la France, et Nicolas Marais, comptable chez Richaud. Félix se retire de lui-même du projet. Stéphane préfère laisser l’opportunité à Pierre et continuer son activité de rédacteur. Edith propose de reporter. Pierre affirme qu’avec Franck, ils pourront faire "le coup" tous les deux.

FRANCK DUMONT
Voilà mes amis, libre à chacun d’y participer activement, en regard des conséquences que l’échec entraînerait pour nous, à savoir : la mort ou l’exil ! Quant aux désavantages moraux, rien à rajouter ! A qui nous-en prenons nous ? Aux capitalistes, belle engeance !
NICOLAS MARAIS vers Edith
Ce serait bêtise que d’avoir pitié de ceux qui n’ont pas pitié de vous !
Edith LEGRAND
Bêtise ? Trahison, tu veux dire !
STEPHANE AUPIC
Le principe ne me fait pas souffrir non plus, mais étant donné que l’opportunité penche en faveur de Nicolas pour cette action, je préfère me consacrer pleinement à la publication de la brochure pour être au point en temps voulu !
FELIX GAUTHIER
Moi, si je peux vous être utile avant mon départ, n'hésitez pas… mais dépêchez-vous, parce que j'ai tout juste le temps de poser un océan entre la caserne et mon numéro de matricule, hein Franck ?
Edith LEGRAND
Pourquoi ne pas prendre du temps pour s'organiser ? On peut reporter de quelques jours quand même !
NICOLAS MARAIS
Si le temps presse vraiment, je pense que, moyennant de faire preuve de coordination, on peut très bien réaliser le coup à deux, non ?

10 b. INT. Appart Franck & Edith

Edith et Franck mettront cet argent au service de la propagande. Nicolas laisse entendre qu’il se servira de sa part à des fins personnelles. Franck remet des lettres d’introduction à Félix pour son voyage. L’argent suivra. Nicolas le confirme.

FRANCK DUMONT
Maintenant, vous connaissez nos difficultés. Avec Edith, nous avons décidé qu'on s'en sortirait uniquement par nos propres moyens. Dans tous les cas, il nous répugnerait de tirer de cette opération le moindre profit personnel.
Edith LEGRAND
Ce profit ne devra servir que la propagande et apporter aide et soutien aux camarades en difficulté. Pour le reste, c'est notre affaire.
FELIX GAUTHIER
Vous avez toujours aidé les camarades, quitte à vous retrouver dans la mouise, et tout le monde le sait bien ici... alors moi je m'en fiche de ce que vous pouvez bien en faire !
FRANCK DUMONT
Non Félix ! Je rendrai ponctuellement compte de chaque opération !
STEPHANE AUPIC
Tu feras comme bon te semble Franck, mais sache que je rejoins Félix sur ce point, ça m'est égal aussi !
FRANCK DUMONT
J'y tiens, Stéphane ! pas de mobile personnel, on ne reviendra plus sur ce point !
NICOLAS MARAIS
Votre sens du sacrifice est admirable, mais si vous me permettez une remarque, pourquoi prendre autant de risques pour seulement imprimer et véhiculer toute cette paperasse ?
STEPHANE AUPIC
Cette paperasse ? Le périodique anarchiste qui met en relation des milliers de camarades ? La lettre qui les réunit, les soutient et les empêche de se figer dans la fatalité de leur sort ?
NICOLAS MARAIS
Certes ! Et en quoi leur sort change-t-il après vous avoir lu ? En sont-ils moins démunis ? Plus déterminés à prendre les armes ?
STEPHANE AUPIC
Prendre les armes ? L'état ne demanderait pas mieux ! Ses soldats n'auraient plus qu'à tirer dans le tas avec l'assentiment des journaux qui manipuleraient aussitôt l'opinion publique dans leur sens !
NICOLAS MARAIS
Peut-être ! Mais dans les vraies révolutions...
STEPHANE AUPIC
Les vraies révolutions ? Tu en connais donc aussi de fausses ?
NICOLAS MARAIS
Ne jouons pas sur les mots s'il te plait !
Edith LEGRAND
En effet, avec Stéphane, tu ne tiendrais pas longtemps la distance !
NICOLAS MARAIS
Edith, je sais ce que je dis, tous les livres d'histoire l'énoncent clairement ! Pour vaincre, la force doit primer avant les idées. On n'a pas coupé la tête à Louis XVI avec une rame de papier que je sache !
STEPHANE AUPIC
Et tes manuels scolaires expliquent-ils aussi pourquoi, la vraie révolution dont tu parles avec tant de véhémence, a-t-elle fini par couper la tête d'un monarque constitutionnel, pour la remplacer, à peine onze ans plus tard, par celle d'un Empereur despotique ?FELIX GAUTIER
Et vlan ! Mon vieux, tu l'as bien cherché, ça s'est envoyé !
NICOLAS MARAIS
Ce que je voulais dire, c'est qu'on ne se bat pas mieux en restant sans le sou, sans se donner les moyens de vivre dignement ! L'histoire appartient à tout le monde, mais elle ne retient que les grands, pas les va-nu-pieds !
FRANCK DUMONT
Tu sais Nicolas, l'histoire appartient surtout à ceux qui la font !
NICOLAS MARAIS
Tu veux dire, aux révolutionnaires ?
FRANCK DUMONT
Non ! Aux historiens !
STEPHANE AUPIC
Tu ne viens pas depuis longtemps à nos réunions, Nicolas, mais en t'écoutant ce soir, je découvre que tu es encore bien plus étranger à notre cause que je ne le pensais.
NICOLAS MARAIS
Juge-moi comme tu voudras Stéphane, et même vous autres, si ça vous chante. Je n'ai pas votre savoir, ni même votre dévouement, j'en conviens. Personnellement, mieux me vêtir ne me couvrirait pas de remords... et une fois avoir fait bonne chère, un bon cigare n’éveillerait en moi aucun scrupule de classe...
STEPHANE AUPIC
A moi, si ! Autant qu'une idée sans idéal !
FELIX GAUTHIER
Pour devenir comme ceux que l'on dénonce ?
FRANCK DUMONT
Personne ne te juge, Nicolas ! Comprends simplement que ce que tu viens de dire n'a fait du bien à aucun de nous en ce moment présent, voilà tout !
PIERRE MARAIS embarrassé
Tu sais Franck, j'apprends à vous connaître depuis peu... je vous écoute plus que je ne parle, et ce soir j'ai voulu m'impliquer davantage... mais je vous assure que je ne voulais blesser personne ! Excusez-moi !
FRANCK DUMONT
Ne t'excuse pas ! Tu as bien fait de dire ce que tu pensais ! On est là pour ça ! Que chacun suive consciemment sa voie… la seule chose qui importe, c'est qu’au moment de l’action, notre effort ne fasse qu’un !

en remettant à Félix une enveloppe

Pour toi Félix, ce n’est plus qu’une question de jours. Voici déjà des lettres qui t’introduiront auprès de camarades sud-américains.
FELIX GAUTHIER
Merci Franck ! Dis donc, je ne vais pas manquer de contacts !
FRANCK DUMONT
L’argent va suivre… à temps, j’espère !
PIERRE MARAIS
On va s’en charger avec Franck ! Hein ?

à Félix

Distribuer la brochure de Stéphane à Buenos Aires, ça te dirait ?
FELIX GAUTHIER
Eh Franck, tu crois que c’est possible ?

11. INT. Matinée. Bureau de M. Richaud.


Lesueur rapporte à Richaud les incursions de Catherine. Richaud s’est séparé d’Edith, lassé de ses refus. Le courrier annonce une augmentation du prix du talc ainsi qu’une plainte d’un Intendant, pour une livraison de farine coupée. Richaud invite Lesueur, chimiste de son état, à trouver une nouvelle substance inoffensive et pas chère pouvant se mélanger à la farine. Richaud convoque Nicolas Marais. Lesueur dit qu’il représente un danger, vu qu’il est au courant des transactions malhonnêtes. Richaud affirme qu’une petite augmentation suffira…


LESUEUR essoufflé
Quelle sangsue cette Gerbier, elle errait encore dans le couloir pour tromper ma vigilance… elle ne manque pas de suite dans les idées !
LOUIS RICHAUD
C'est bien pour ça que je vous ai mandaté, Lesueur ! Quoi d'autre ?
LESUEUR
Vous savez ce qui la met dans cet état ? Elle est soit disant jalouse de la compagne de l’anarchiste du 6ème maintenant !
LOUIS RICHAUD
Mais non mon pauvre ami, vous retardez déjà d’une gueuze...
LESUEUR
Pardon ?
LOUIS RICHAUD
J’ai renvoyé cette sotte qui me répondait philosophie quand je lui offrais de coucher avec… elle verra bien si son rêveur de Dumont lui donnera de quoi briller en société avec toutes ses dettes à régler. Venons-en au courrier : Dablanc ? Ennuyeuse cette augmentation du talc ! Quoi d’autre déjà ?
LESUEUR
L’intendant de Vésubie s’est plaint en Hauts Lieux de la qualité de nos farines. Des hommes de troupes ont été malades…
LOUIS RICHAUD
Comme la dernière fois, simple constipation sans doute !
LESUEUR
Certainement ! C’est là-bas qu’ont été acheminés les sacs… hum ! Les fameux sacs que vous savez…
LOUIS RICHAUD
Simple coïncidence, Lesueur, réclamation sans fondement, laissez courir. L’augmentation de Dablanc me contrarie davantage. Voyez-vous Lesueur, il nous faut trouver très rapidement un produit inoffensif, pas cher, qu’on puisse mélanger à la farine sans craindre le désagrément de problèmes digestifs ! Vous avez une idée ?
LESUEUR
Pas cher… inoffensif… ?
LOUIS RICHAUD
Que diable Lesueur, vous n’êtes pas chimiste pour rien ? Cherchez mon pauvre ami, trouvez quelque chose pour compenser cette augmentation. Mais d’abord, vous allez me convoquer Marais !
LESUEUR
Marais ? Ignorez-vous qu’il nous tient un peu, Marais ? Toutes nos transactions passent par ses écritures, officielles ou non !
LOUIS RICHAUD
Tous ses états de comptes sont rigoureusement exacts, non ? Alors, nous allons l’augmenter un peu et tout va rentrer dans l’ordre, vous verrez !
LESUEUR
Entre-nous, M. Richaud, ses fréquentations du 6ème ne l’y prédisposent pas vraiment, à l’ordre !
LOUIS RICHAUD
Laissez-moi rire Lesueur ! Il en reviendra Marais, de ses lubies anarchistes, et plus vite que tout le monde, soyez en certain !

11 b. INT. Bureau de Louis Richaud

Catherine entre dans le bureau. Elle veut amadouer puis taper Richaud de 5 billets… Mais il ne s’en laisse pas compter et finit par la jeter dehors.

LOUIS RICHAUD
à Lesueur… et à Catherine
Vous pouvez disposer Lesueur, et cherchez mon ami, cherchez…
Toi, Catherine, que ce soit la dernière fois que je te vois ici, compris ?
CATHERINE GERBIER
N’aie pas peur mon ourson, personne ne m’a vue…
LOUIS RICHAUD
Tu te fous de moi ? On ne voit que toi ici, partout, tourner et virer comme une sentinelle !
CATHERINE GERBIER
C’est que je voulais absolument te voir avant de passer chez la couturière… cette fois, je vais pas y couper d’au moins 5 billets et…
LOUIS RICHAUD
5 000 balles de maison de couture ?
CATHERINE GERBIER
Voyons mon oursonnet, tu es bien placé pour savoir que je ne fais pas les choses à moitié... jamais !
LOUIS RICHAUD
5000 balles ? Tu ne fais pas non plus dans la demi-saison !
CATHERINE GERBIER
Des nouvelles toilettes légères pour rester désirable à tes yeux, avec un petit ensemble pour t'accompagner à Longchamp... mais si tu regardes autour de toi, ni plus, ni moins que les dames de compagnie de tes collègues !
LOUIS RICHAUD
C’est pour moi que je t’entretiens, pas pour les autres. Tu exagères ! Combien de jolies filles se contenteraient d’un appartement comme le tien et de 3 000 balles par mois !
CATHERINE GERBIER tente une approche
Je ne suis pas n'importe quelle jolie fille, mon ourson ! Ne te fais-je pas toujours tout... tout ce que tu aimes par-dessus tout ?
LOUIS RICHAUD l’éconduit fermement
Déguerpis vipère ! Et je t’interdis de revenir ici !
CATHERINE GERBIER
Si tu me fais passer cette porte, tu le regretteras amèrement !
LOUIS RICHAUD
Moins que tu crois ! Allez ! Ouste ! Petite gourde !

12. INT. Soirée. Appart Franck & Edith

Edith fait un brin de toilette de fin de journée. Franck entre, pose sa veste et vient l'embrasser. Le coup est prévue pour le lendemain. Tout est arrangé avec Nicolas. Il a rencontré Félix qui sortait de chez Stéphane. Son départ étant imminent, il a confié à Franck son arme à feu. Ils décident de la ranger dans la planque de la cuisine.

FRANCK DUMONT
Bonsoir, ma douce. C’est confirmé pour demain, je sors de chez Nicolas.
Edith LEGRAND
Tu as toujours autant envie de le faire ?
FRANCK DUMONT
Bien sûr ! Tiens, j’ai croisé Félix aussi... il sortait de chez Stéphane.
Edith LEGRAND
Le bateau part toujours après-demain ?
FRANCK DUMONT sort l’arme enveloppée
Oui ! Il m’a confié une arme à feu. Il ne souhaitait pas voyager avec.
Edith LEGRAND très surprise
Une arme ?
FRANCK DUMONT
Oui… avec des balles de rechange…
Edith LEGRAND
Et tu comptes garder ça, chez nous ?
FRANCK DUMONT
Je sais ce que tu penses... mais maintenant qu’on a libéré la planque…
Edith LEGRAND
Tu étais au courant que Félix portait une arme sur lui ?
FRANCK DUMONT
Non, mais que veux-tu... dès qu’un homme est recherché par la police, les armes lui pleuvent miraculeusement dans les poches.
Edith LEGRAND
Depuis que nous vivons ensemble, c’est la première fois qu’une arme à feu entre chez nous. Tu n’en aurais pas démordu, pour rien au monde.
FRANCK DUMONT lui donnant la boule de chiffon
Stéphane venait de lui refuser. Mon point de vue n'a pas changé sur ce point, va le faire disparaître toi-même, met-le aux oubliettes, comme tu dis… !

13. Séquence destinée à nous faire avancer d’un mois…

BRUITS de BECANES d’imprimerie qui TOURNENT à plein régime.
Stéphane Aupic au travail, entouré de piles de brochures en travaux.
Lesueur absorbé devant les fioles fumantes d’un laboratoire de fortune.
Franck descend l’escalier avec des imprimés plein les bras.
Mme Ducord classe le courrier du soir, volumineux pour Franck Dumont.
Richaud, en train de taquiner Cécile, sa nouvelle secrétaire.
Franck arrivant sur son palier, les bras chargés de brochures.
Lettre de Félix Gauthier qui annonce son arrivée à Buenos Aires.
BRUIT de ville. Le mensuel « Ni Dieux, ni Maîtres » en vente à la criée.
Edith préparant ses effets pour se rendre à son nouveau travail.
Nicolas Marais, très élégant, quitte son bureau, ferme la porte à clef, descend l’escalier, salue Mme Ducord… il ouvre la porte d’entrée. Derrière, on y reconnaît CATHERINE GERBIER. Ils s’embrassent. Nicolas referme la porte sur eux…


Par A. Campo - Publié dans : Mauvais temps pour les libres penseurs - Communauté : FORUM - LIBRE EXPRESSION
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