Les chorus d’un vieux sax
Les chorus d’un vieux sax écorchent mes silences
Dans une obscurité tenace, je me balance
Sur les bois arrondis d’un rocking-chair qui grince
Comme ce coulisseau qui d’un long spleen m’évince
Dans mon verre d’alcool à demi plein, je crois
S’échangent des chaleurs sous des vagues de froid
Somptueuses et exquises, mes larmes sur la braise
Goutte-àgoutte s’enlisent au sillon d’un fa dièse
Me suis-je égaré, çà et là, téméraire
Dans un grog molotov où danse une cuillère ?
Entre les doigts du temps, le tourbillon abstrait
M’engloutira bien vite en buvant d’un seul trait
Où est-elle allée, dans ces allées que longent
Tous mes vents alizés vers l’hémisphère des
songes ?
Carressent-ils encore ses cuisses sous l’étoffe ?
Se sont-ils étourdis en des zones limitrophes ?
Où vais-je la rejoindre ? Vers quel domicile ?
Près du feu nous dormions à l’abri des reptiles
Des iguanes verdâtres et quelque salamandre
Investissent les lieux et pissent sur nos cendres.
Les chorus d’un vieux sax écorchent mes silences
Dans une obscurité tenace, je me
balance
Et dans mon délirium, l’image de nos adieux
Ecartèle la nuit et déchire mes yeux...
Aldo Campo ©
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